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Julien Clerc : L’île-femme

LES RESEAUX SOCIAUX

L’icône de la chanson française, en tournée dans l’océan Indien pour fêter ses 50 ans de carrière, a fait escale à Maurice. Rencontre sur son lieu de villégiature, au Trou aux Biches Beachcomber, où il a séjourné en famille.

Soixante et onze ans, des millions de disques vendus, une trentaine d’albums et toutes les grandes scènes du monde. Julien Clerc est un artiste à part. À la clé de son succès - et de son allure ! - immuable, l’honnêteté de celui qui dit vouloir être aimé pour ce qu’il fait plutôt que ce qu’il est.

«Un métis lointain»

De retour à l’île Maurice  pour la troisième fois, Julien Clerc ne cache pas son émotion : « C’est une tournée assez symbolique : cinquante ans de carrière, on n’est pas si nombreux à le faire ! » Pour fêter l’événement, il est venu en famille, avec son épouse Hélène Grémillon, et leur fils, Léonard, âgé de dix ans. Au programme, la visite du musée l’Aventure du Sucre et d’une rhumerie, une excursion à l’intérieur des terres, une initiation à la plongée sous marine pour son fils... et pour lui, « l’océan tout entier » !

Aussi réservé que charmeur, aussi élégant que distant, Julien Clerc ne se dévoile pas aisément. On sait peu de son enfance en région parisienne, de ses parents divorcés après sa naissance, et de sa vie scindée en deux - d’un côte son père haut fonctionnaire à l’Unesco, de l’autre sa mère secrétaire et son grand-père maternel antillais. « Je suis un métis lointain. J’ai la chance d’avoir eu un grand-père guadeloupéen, d’avoir cette attache avec ces îlots français, si éloignés de France », dit d’une même voix le Français et l’Européen convaincu.

« Malgré les différentes langues, je pense qu’il y a une culture commune à l’Europe. Depuis deux ans, nous nous sommes installés à Londres pour faire vivre à notre fils l’expérience du système scolaire britannique. C’est formidable pour lui ce bilinguisme ! Pour moi, c’est un voyage à rebours. Adolescent, mes parents m’envoyaient pendant les vacances dans des familles anglaises. C’est au cours de ces séjours que j’ai découvert la pop anglaise. »

Sa passion pour la musique ne s’est jamais démentie. C’est à l’âge de 20 ans, quand il renonce à ses nom et prénom, que Paul-Alain Leclerc devient « Julien Clerc ». Il sort son premier disque en Mai 68 avec son parolier de la première heure, Étienne Roda-Gil. On découvre le timbre (é)mouvant de sa voix alors qu’il interprète la chanson Julien : « Tiens/ Vous m’avez appelé Julien/ Vous semblez me connaître bien »...

 

 

« Si elle était une femme, l’île Maurice serait une femme métisse. »

 

Un hymne à l’amour

Lui, ce n’est pas certain... Mais ses chansons, on les connait par cœur sans même avoir cherché à les mémoriser. C’est sans doute cela la grâce... Il suffit de les écouter pour entendre leur poésie toute féminine. De « Femmes je vous aime » à « Ma Préférence » ou « Quelle heure est-île, marquise », voilà plus de cinquante ans qu’il chante son amour sans fin pour la et toutes les femmes. Dans sa géographie intime, la femme est une île. Et l’île toute féminine.

« Maurice, si elle était une femme, serait forcément métissée, avec du sang indien, pour rendre hommage à mon grand-père. Il disait que les plus belles femmes qu’il avait vues, c’était les femmes de sang-mêlé », dit l’artiste. « Si elle était un parfum, ce serait celui de la vanille et des épices ». Une fleur ? « Une de celles qu’on trouve sous toutes ces latitudes. La fleur d’allamanda, d’un jaune extraordinaire, qui fleurit ici le long des chemins et dans les lieux de culte, en guise d’offrande. » Un son ? « Incontestablement un rythme de séga et de ravanne ! »

Un large sourire éclaire son visage. Léonard, le plus jeune de ses cinq enfants, n’est pas loin, qui l’entraine à sa suite pour une excursion en apnée dans le lagon. Pas de doute, Julien Clerc, le « métis triomphant » comme disait de lui son ami Roda-Gil, est de retour sous le ciel austral. 

Interview par Désiré Éléonore
Texte par Fanny Riva